Une étape décisive avant la récolte
Le parcours commercial d’un fruit commence bien avant son arrivée au centre de conditionnement. BloomX se concentre sur la floraison, lorsque le transfert de pollen contribue à déterminer la récolte future. L’entreprise présente ses systèmes comme un moyen supplémentaire de gérer cette étape, aux côtés des insectes pollinisateurs déjà utilisés en agriculture.
Son directeur général Thai Sade a expliqué à CTech que l’objectif est de compléter les abeilles, et non de les remplacer. La distinction précise la place de la technologie : ajouter une opération contrôlable, sans prétendre qu’une machine reproduit toutes les fonctions de l’écosystème vivant du verger.
Fondée en 2019, BloomX cite Sade, le directeur technique Avi Keren et le spécialiste logiciel Ido Senesh comme fondateurs. Son historique retrace le passage des premiers prototypes à l’activité commerciale. La levée finance donc le développement d’une entreprise existante, plutôt que la présentation initiale d’une idée encore absente du terrain.
Deux cultures, deux procédés
BloomX décrit deux systèmes principaux. Robee est conçu pour les myrtilles et emploie des vibrations mécaniques afin de favoriser la libération du pollen, en s’inspirant de la pollinisation vibratile. Sa fonction dépend des caractéristiques de la fleur, au-delà du simple déplacement d’un équipement entre les rangées.
Pour les avocats, la société présente Yahav 2400 comme un système électrostatique de collecte et de transfert du pollen. Il répond à une autre culture et à une autre tâche. Pour un producteur, cette différence compte : les deux systèmes ne sont pas des appellations interchangeables d’un appareil universel.
L’entreprise décrit aussi un logiciel aidant à repérer les périodes adaptées et des outils de positionnement pour suivre la couverture du terrain. Ces éléments associent intervention, calendrier et traçabilité. Ils ne suppriment pas l’importance de la variété, des conditions de culture ou de la floraison, qui restent nécessaires à la préparation du service.
Un accompagnement pendant la saison
BloomX présente son modèle comme la pollinisation en tant que service. Son site mentionne l’évaluation des besoins, la formation et l’accompagnement saisonnier, plutôt qu’une transaction limitée à la livraison de machines. L’ensemble de l’opération, de la préparation à l’exécution, devient l’objet de la relation commerciale.
Pour une exploitation, un cahier des charges utile préciserait culture, variétés, superficie, période prévue et responsabilités respectives. Les données de couverture peuvent aider à relier les interventions effectuées à la parcelle dont le rendement sera ensuite étudié lors de la récolte.
Le calendrier joue également un rôle central. Le producteur doit comprendre l’articulation avec ses autres travaux et la réponse prévue à une évolution de la floraison. Ces modalités relèvent d’un contrat et d’une campagne particuliers. L’annonce du financement ne les fixe pas pour tous les clients.
La portée des chiffres de rendement
CTech rapporte que BloomX revendique une amélioration moyenne du rendement d’environ 20 %. Il s’agit d’un chiffre communiqué par l’entreprise. Ce n’est pas une démonstration indépendante valable pour toutes les exploitations, variétés ou saisons, ni une garantie de hausse pour un nouveau client.
Pour apprécier cette affirmation, un agriculteur aurait besoin de connaître la comparaison retenue, la culture concernée et les conditions de la campagne étudiée. Une moyenne peut décrire plusieurs résultats sans prédire celui d’un verger précis. La distinction aide à examiner l’intérêt commercial d’une intervention supplémentaire.
Le financement est un fait distinct de la performance annoncée. La présence d’investisseurs donne des moyens pour poursuivre les projets, mais ne valide pas à elle seule des résultats agronomiques. De même, une application réussie sur une culture n’établit pas automatiquement le même effet sur une autre.
Une expansion à suivre sur le terrain
Selon CTech, BloomX travaille déjà en Israël, au Pérou, au Mexique et en Afrique du Sud. Les nouveaux fonds doivent soutenir une entrée aux États-Unis et une expansion en Amérique latine, ainsi que le développement pour d’autres cultures. Ce sont des objectifs futurs, non l’annonce d’une disponibilité commerciale dans tous ces nouveaux marchés.
La levée apporte à une entreprise israélienne spécialisée davantage de ressources pour ses opérations et ses développements. Les prochains jalons seront les marchés effectivement desservis, les services proposés et les résultats obtenus sur les parcelles concernées.
Pour les lecteurs intéressés par l’innovation agricole, BloomX illustre la combinaison de machines, de logiciels et d’un service saisonnier autour d’une tâche biologique précise. Le critère concret reste le travail réalisé dans le verger, avec une adéquation au produit et des résultats appréciés dans les conditions propres à chaque exploitation.