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Monde

Mobilisation lycéenne : des centaines d’établissements perturbés, une crise aggravée par les violences

La mobilisation lycéenne s’est poursuivie en France lundi 5 octobre 2026, avec des perturbations dans des centaines d’établissements et un nouveau blessé grave : à Lens, un adolescent de 15 ans a perdu une main après l’explosion d’une grenade près d’un lycée. Les circonstances font l’objet d’une enquête. Les revendications sur les effectifs enseignants et les conditions d’apprentissage restent au cœur du mouvement, tandis que certains rassemblements ont été marqués par des incendies, des agressions et des affrontements avec la police.

Illustration d’une salle de classe vide donnant sur un portail, un drapeau français et des manifestants avec des pancartes sans texte.
Classe vide et portail · Avertissement

Pour comprendre la situation, il faut distinguer établissements mobilisés, cours suspendus et lieux de violences. Selon un décompte du ministère de l’Éducation nationale rapporté par Le Parisien, 413 établissements avaient connu des actions ou des perturbations lundi matin. Ce chiffre ne désigne ni des lycées incendiés ni l’ensemble des établissements fermés.

Les conditions d’enseignement à l’origine du mouvement

Partie de la région parisienne en septembre, la mobilisation s’est étendue à d’autres villes. Reuters et Euronews rapportent des plaintes concernant le manque d’enseignants, les absences non remplacées, les classes surchargées et la vétusté des bâtiments. Pour les participants, ces difficultés compromettent les apprentissages et la préparation des examens. Le conflit porte donc sur le quotidien scolaire autant que sur les moyens budgétaires.

Certaines manifestations et certains blocages sont restés pacifiques. D’autres ont été accompagnés de dégradations et d’agressions. Les représentants lycéens se sont désolidarisés des violences, tout en exprimant leur déception après leur rencontre de vendredi avec le ministre et en appelant à poursuivre le mouvement. Leurs revendications ne se confondent pas avec les actes des agresseurs.

Ce que recouvrent les différents bilans

Vendredi 2 octobre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a fait état de 735 établissements concernés par la mobilisation, dont 158 aux abords desquels des violences avaient été recensées. Selon le compte rendu de l’AFP publié par L’Est Républicain, il a également annoncé 1 747 interpellations dans la journée et plus de 5 000 depuis le lundi 28 septembre. Le bilan quotidien est compris dans le total cumulé : il ne faut pas les additionner.

Ces chiffres portent sur des interpellations. Ils ne constituent pas un décompte des poursuites ou des condamnations et ne prouvent pas, à eux seuls, que chaque personne interpellée a participé à des violences.

Dimanche, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a indiqué que 24 établissements avaient été incendiés ou saccagés et que 78 personnels avaient été blessés depuis le début des événements. Il prévoyait une suspension totale ou partielle des cours dans 400 à 500 lycées lundi, pour des raisons de sécurité. Il s’agissait d’une prévision, non d’un bilan définitif de la journée. Le décompte des perturbations de lundi matin relève lui aussi d’un autre indicateur et d’un autre horaire.

À Lens, les circonstances de la blessure restent à établir

Selon Le Parisien, l’incident s’est produit près du lycée professionnel Auguste-Béhal. L’adolescent a perdu la main gauche et a été transporté à l’hôpital à Lille. Les autorités ont indiqué que ses jours n’étaient pas en danger.

Le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, a expliqué ne pas pouvoir établir à ce stade si le jeune avait ramassé la grenade ou si elle avait été jetée vers lui. L’enquête a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale, l’IGPN, pour reconstituer la chronologie et examiner les conditions d’utilisation de la grenade. Les premières versions du mécanisme de la blessure ne sont pas des conclusions d’enquête ; le type de grenade n’est pas présenté ici comme établi.

Ce drame s’ajoute à d’autres blessures graves et agressions. Euronews a rapporté qu’un lycéen avait perdu l’usage de l’œil droit après des affrontements à Tours et que sa famille avait déposé plainte. À Belfort, un policier a été roué de coups par un groupe de jeunes. À La Ciotat, un enseignant de 59 ans a été frappé et aspergé d’essence ; un suspect de 16 ans a été interpellé dimanche à Marseille. Ces affaires sont distinctes et doivent être examinées séparément.

Des réponses promises, une nouvelle mobilisation annoncée

Laurent Nuñez a défendu l’intervention des forces de l’ordre contre les violences. Des organisations de l’éducation ont, à l’inverse, dénoncé les méthodes policières et les blessures infligées aux élèves. Les responsabilités pénales dans chaque affaire dépendent des éléments de preuve et des enquêtes, pas d’une appréciation générale du mouvement.

Selon Reuters, le premier ministre Sébastien Lecornu a demandé aux ministres de présenter d’ici fin octobre de premières décisions répondant aux difficultés des lycéens, avec leur coût, leur financement et leur calendrier. Il souhaite aussi accélérer l’examen d’un texte visant à faire supporter le coût des dégradations à leurs responsables. Il s’agit d’un projet de loi, et non d’une disposition déjà entrée en vigueur.

De nouvelles manifestations sont prévues mardi 6 octobre, avec le soutien de syndicats. Le premier défi du gouvernement est le retour aux cours en sécurité. Le suivant sera de transformer les engagements en présence enseignante et en améliorations concrètes des conditions à l’origine de la mobilisation.

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