Ce que montre la vidéo
Le 24 septembre 2026, le commentateur politique et streamer Hasan Piker a participé à un événement à Sage Chapel, sur le campus de l'université Cornell. The Cornell Daily Sun a indiqué que la rencontre s'était tenue de 18 h 30 à 19 h 30, qu'elle était réservée aux membres de la communauté de Cornell munis d'un billet et qu'elle était organisée par la campagne Students Not Bombs.
À la fin de l'événement, Adriana Vink, étudiante à Cornell et coprésidente de Cornell Students for Justice in Palestine, a lancé le slogan « From the river to the sea, Palestine will be free ». Piker et des membres du public l'ont repris. The Cornell Daily Sun, dont les journalistes étaient présents, a décrit la même séquence.
La courte vidéo ensuite diffusée sur X est montée. Le texte « Free Palestine with Hasan Piker » a été ajouté à l'image, mais aucune source primaire examinée ne permet d'établir qu'il s'agissait du titre officiel de l'événement.
https://x.com/StopAntisemites/status/2103857414642528646
Qui a organisé l'événement
Les annonces préalables et les comptes rendus sur place identifient Students Not Bombs comme l'organisateur. Cette coalition comprenait Cornell Students for Justice in Palestine, Jewish Voice for Peace et Cornell Young Democratic Socialists of America.
Cornell a fourni le lieu et les dispositifs de sécurité. Une responsable des affaires étudiantes a ouvert le programme en rappelant la politique de l'université sur les activités d'expression. Les sources disponibles identifient toutefois les organisations étudiantes comme les organisateurs politiques et n'établissent pas que l'université Cornell ait approuvé les opinions exprimées.
The Cornell Daily Sun présente Vink comme membre de la promotion 2027, chroniqueuse d'opinion et coprésidente de SJP. Elle a également animé la séance de questions-réponses.
Les affirmations ajoutées à la vidéo
Dans sa publication du 26 septembre, StopAntisemitism a rappelé que Piker avait déclaré que l'Amérique « deserved 9/11 ». La citation centrale est documentée. Piker l'a prononcée en 2019 lors d'une discussion sur la politique étrangère et les interventions militaires américaines. Il a ensuite qualifié cette formulation d'inappropriée et expliqué que son propos visait la politique américaine, et non les victimes des attentats.
La publication affirme aussi que Piker a « nié les violences sexuelles menées par le Hamas le 7 octobre ». Les éléments disponibles conduisent à une formulation plus précise. Piker a contesté des accusations de viols de masse ou systématiques dirigés par le Hamas, remis en cause certains témoignages et soutenu que la gestion des preuves après l'attaque avait compromis le dossier probatoire.
Cependant, dans un entretien accordé à The New Republic en avril 2026, Piker a déclaré que des violences sexuelles se produisent dans ce type de situation et qu'il existait des témoignages concernant des violences sexuelles subies par des otages. Dire sans nuance qu'il a nié toute violence sexuelle le 7 octobre va donc au-delà de ce que démontrent les éléments actuellement disponibles.
Une mission des Nations unies a conclu en 2024 qu'il existait des motifs raisonnables de croire que des violences sexuelles liées au conflit, y compris des viols et des viols collectifs, avaient eu lieu dans au moins trois sites lors des attaques du 7 octobre. Elle a également fait état d'informations claires et convaincantes selon lesquelles des otages avaient subi des violences sexuelles en captivité, tout en soulignant d'importantes limites dans les preuves disponibles.
Ce qu'ajoute la publication de StopAntisemitism
La publication sur X ne se contente pas de documenter l'événement. Elle demande aux « futurs employeurs » de prendre note et interroge sur l'opportunité de voir Vink représenter leur organisation. Il s'agit d'un message militant de l'auteur du post, et non d'un fait supplémentaire sur l'événement à Cornell.
Au moment de la vérification éditoriale, aucune réponse publique spécifique de Vink, de Piker ou de l'université Cornell à la publication de StopAntisemitism n'avait été retrouvée.
Le slogan « From the river to the sea » fait lui-même l'objet d'interprétations très conflictuelles. Ses critiques y voient souvent un rejet de la pérennité d'Israël, tandis que ses partisans peuvent le présenter comme un appel à la liberté palestinienne ou à l'égalité des droits. La vidéo établit les mots scandés et les personnes qui s'y sont jointes, mais elle ne permet pas à elle seule de déterminer l'interprétation précise de chaque participant.