Une source importante, mais pas seule décisionnaire
Dans les 218 fiches concernant Gaza étudiées par HonestReporting, le PJS est cité 58 fois, soit environ 26,6 %, à égalité avec SKeyes. Neuf fiches comprises dans cet échantillon ont ensuite été retirées : le chiffre décrit donc l'échantillon étudié, pas nécessairement la base actuelle. La Fédération internationale des journalistes indique aussi collaborer étroitement avec son affilié palestinien pour vérifier les informations.
L'enquête renvoie à des publications dans lesquelles Abou Bakr a fait l'éloge de Diaa Hamarsheh, auteur d'une fusillade qui a tué cinq personnes à Bnei Brak en 2022, et de Muhammad al-Jabari, qui a tué un Israélien à Kiryat Arba. Pour HonestReporting, ces propos interrogent l'orientation politique d'une source influente. Ils ne prouvent pas, à eux seuls, que chaque nom transmis par le syndicat a été retenu à tort.
Fournir un nom ne permet pas non plus au président du PJS de décider seul de son inclusion. Le CPJ dit examiner les travaux antérieurs des personnes concernées et vérifier chaque cas auprès d'au moins deux sources. Il distingue les opinions ou liens institutionnels de la participation aux combats, susceptible d'entraîner une exclusion.
Deux lectures d'une liste révisée
Le 24 septembre, le CPJ a annoncé les résultats de son réexamen de 229 décès documentés depuis octobre 2023. Il a retiré 22 personnes, réintégré six autres et modifié la classification de 12 cas. Selon lui, un audit externe a confirmé l'application de sa méthode habituelle. Le CPJ maintient que les forces israéliennes sont responsables de la très grande majorité des morts de journalistes et de professionnels des médias recensées dans le monde depuis 2023.
Dans son analyse actualisée, HonestReporting affirme que 102 des 191 personnes de Gaza encore présentes dans la liste qu'il a étudiée, soit environ 53 %, avaient des liens avec des organisations terroristes. Cette catégorie englobe aussi des employés de médias affiliés à ces groupes : elle ne démontre pas que 102 personnes étaient des combattants. Le CPJ rappelle par ailleurs qu'un retrait de sa base ne signifie pas qu'une mort était légale. Pour comprendre les chiffres, il faut distinguer les critères de classement des preuves propres à chaque dossier.