Interrogé par Reuters, un cadre du mouvement a confirmé que les fonds étaient désormais disponibles et que les modalités de leur répartition seraient bientôt rendues publiques. Il n’en a précisé ni le montant ni l’origine, sans confirmer les éléments centraux avancés par les deux sources.
Des versements envisagés pour les familles déplacées
Selon ces sources, un premier versement de 3 000 dollars par famille serait prévu. Les familles venues de localités rasées, ou où l’on ne peut toujours pas retourner depuis les combats, seraient servies en premier. L’une des personnes interrogées estime ce groupe à environ 50 000 familles. Ces chiffres concernent une aide envisagée, et non des versements dont la réception serait attestée.
Cette promesse intervient alors que les besoins sont importants dans la population qui soutient le Hezbollah. Lorsque le mouvement s’est engagé dans les combats aux côtés de Téhéran, le 2 mars 2026, plusieurs centaines de milliers d’habitants du Liban ont dû quitter leur logement, rappelle l’agence. Les déplacés parmi ses partisans n’auraient reçu que peu d’aide du groupe, voire aucune.
Un programme public permettrait de préciser les critères d’attribution et les dates de paiement. Le responsable interrogé n’a fourni ni calendrier ni engagement public sur le montant envisagé pour chaque famille.
Un prélèvement d’un cinquième, un trajet non révélé
Ceux qui ont acheminé l’argent liquide en ont gardé un cinquième pour eux, selon les deux personnes, un prix qu’elles attribuent au danger de manipuler des fonds du mouvement. L’une décrit un taux quatre fois supérieur au niveau habituel. Aucune n’a nommé les intermédiaires ni expliqué comment les espèces seraient arrivées au Liban.
L’assiette de la commission reste également incertaine. Reuters ne précise pas si les 200 millions de dollars correspondent au montant avant ou après déduction, ou si les frais ont été réglés séparément. Il est donc impossible d’en déduire la somme nette disponible pour les bénéficiaires.
Une source évoque des difficultés croissantes pour recourir à des sociétés financières en Irak, à Dubaï et en Turquie. Elle ne présente cependant pas ces lieux comme les étapes du transfert en question.
Washington oppose un démenti
Tommy Pigott, porte-parole du département d’État, a nié l’existence des fonds évoqués et accusé le Hezbollah de diffuser de faux récits de financement iranien pour préserver son image. Le Trésor a également contesté la capacité de financement iranienne.
Le porte-parole a ajouté que les États-Unis maintiendront leurs sanctions contre l’argent du mouvement, tout en aidant les autorités de Beyrouth à remettre le sud du pays sur pied. Cette réponse contredit directement le récit du transfert et ne se limite pas à condamner le soutien de l’Iran à l’organisation.
Reuters dit n’avoir obtenu aucune réponse dans l’immédiat de la part des autorités libanaises, de la diplomatie de Téhéran ni de la représentation iranienne à Genève. Leur absence de réponse immédiate ne vaut pas confirmation des affirmations des sources.
Pression financière et coût de la reconstruction
Le Hezbollah est une organisation terroriste désignée comme telle par les États-Unis depuis 1997. En novembre 2025, le Trésor américain affirmait que la force Al-Qods iranienne lui avait transféré plus d’un milliard de dollars depuis le début de cette année-là, principalement par des sociétés de change. Des agents accusés de faciliter ce financement ont été sanctionnés.
Ce précédent éclaire la pression américaine, mais ne prouve ni le transfert rapporté en septembre ni le recours aux mêmes circuits. La destination annoncée, l’aide aux déplacés, ne démontre pas davantage l’usage final des fonds.
Au lendemain du conflit de 2006, le mouvement avait déjà versé de l’argent liquide et pris part aux chantiers de reconstruction, souligne l’agence. Cette fois, la facture est bien plus lourde : en septembre, le chef du gouvernement, Nawaf Salam, chiffrait à quelque 27 milliards de dollars, voire davantage, la remise en état après les deux guerres subies par le Liban depuis 2024. Pour les familles qui attendent une aide, la prochaine étape concrète serait un programme précisant les critères et les dates de versement, puis les paiements eux-mêmes.