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Décryptages et analyses Opinion

Si l’Irlande tient tant à un État palestinien, pourquoi ne pas le créer chez elle ?

Si l’Irlande tient tant à la création d’un État palestinien, voici une suggestion volontairement dérangeante : qu’elle lui propose une place sur son territoire. Qu’elle mette sur la table des terres, de l’argent public et des garanties de sécurité. Voyons comment la discussion évolue lorsque la responsabilité arrive chez soi.

Illustration : des familles avec des bagages dans le hall des arrivées d’un aéroport où flotte un drapeau irlandais, un avion visible à travers les vitres
Illustration éditoriale : La Palestine en Irlande ? Une tribune · Avertissement

C’est un défi satirique lancé aux dirigeants politiques, pas une proposition visant à chasser les Palestiniens de leur terre. Tout arrangement hypothétique de ce type exigerait le consentement libre des personnes concernées. Ni les citoyens irlandais ni les Palestiniens ne sont des pions à déplacer sur une carte.

Ce à quoi l’Irlande s’est déjà engagée

L’Irlande a officiellement reconnu la Palestine le 28 mai 2024. Sa politique déclarée soutient deux États sur la base des frontières de 1967, vivant côte à côte. La distinction compte : Dublin ne propose pas officiellement de supprimer Israël, et reconnaître un État palestinien ne revient pas à soutenir le Hamas.

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www.youtube.com/watch?v=ioOYVr9VDFM

L’objection évidente

L’objection évidente est également fondée. Les revendications palestiniennes portent sur leur propre terre, pas sur le territoire irlandais. Refuser de créer la Palestine en Irlande ne prouverait donc pas, en soi, une hypocrisie. Mais cette provocation soulève une question plus difficile : quelle responsabilité les soutiens lointains doivent-ils assumer pour les dispositifs de sécurité avec lesquels ils veulent que d’autres vivent ?

Quelles garanties Dublin serait-elle prête à apporter ?

Proclamer un État ne dit pas qui contrôle les armes, qui protège la frontière ni ce qui arrive lorsqu’une faction armée rejette un accord. Ces décisions déterminent si une famille peut dormir en sécurité. Elles méritent au moins autant d’attention qu’une cérémonie diplomatique.

Imaginons un gouvernement irlandais examinant un engagement sécuritaire comparable près de chez lui. Nous attendrions des garanties détaillées, une mise en œuvre crédible et une évaluation honnête des risques d’échec. Exiger le même sérieux lorsque des vies israéliennes sont en jeu est raisonnable. Les civils palestiniens ont eux aussi besoin d’être protégés des groupes armés et d’un pouvoir défaillant.

Dublin devrait préciser ses engagements : ce qu’elle financerait, ce qu’elle contribuerait à faire respecter et sa réaction en cas de violation des conditions convenues. L’aide humanitaire et la diplomatie peuvent être précieuses ; elles ne dispensent pas de répondre à ces questions.

Alors, la Palestine en Irlande ?

Alors, la Palestine en Irlande ? Comme satire, l’idée met en lumière le prix des certitudes politiques. L’exigence sérieuse qui la sous-tend est simple : si l’Irlande veut contribuer à façonner un État palestinien, qu’elle explique les responsabilités qu’elle est prête à porter. La solidarité devrait s’accompagner d’un plan, signé en bas de page.

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