Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a utilisé un discours d’environ 40 minutes devant l’Assemblée générale des Nations unies le 24 septembre pour défendre la conduite d’Israël dans la région, rejeter les accusations de génocide à Gaza et placer l’Iran au centre de son argumentaire sécuritaire plus large.
Le discours s’est déroulé devant une salle visiblement divisée. Des dizaines de délégués sont sortis alors que Netanyahu s’approchait du pupitre, tandis que des soutiens dans la galerie scandaient des slogans en hébreu. Netanyahu a répondu à ces départs en qualifiant les délégués concernés de « lâches moraux ».
Le discours a réuni plusieurs thèmes qui définissent la communication internationale d’Israël depuis l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023 : la menace persistante du Hamas, le rôle de l’Iran et de ses alliés régionaux, les critiques croissantes d’Israël dans les capitales occidentales et le différend sur la manière dont la guerre à Gaza doit être décrite à l’échelle internationale.
L’argument central de Netanyahu : Israël affirme combattre un réseau régional de menaces
Netanyahu a présenté les campagnes militaires d’Israël comme les différents volets d’un même conflit régional plutôt que comme des fronts isolés. Il a de nouveau désigné l’Iran comme le centre stratégique de la menace et évoqué les confrontations d’Israël avec le Hamas, le Hezbollah et d’autres acteurs soutenus par l’Iran.
Dans l’un des moments visuels du discours, il a brandi un bipeur en référence à l’opération de 2024 qui a frappé des membres du Hezbollah au Liban. Il a également montré un récepteur internet par satellite Starlink et déclaré qu’il comptait le laisser à la délégation iranienne, utilisant cet objet pour soutenir l’idée que les Iraniens devraient disposer d’un accès plus libre à l’information.
Son langage envers l’Iran est allé au-delà de la question nucléaire. Netanyahu a déclaré croire que les dirigeants iraniens actuels finiraient par être remplacés par le peuple iranien, tout en continuant à saluer le président américain Donald Trump pour son soutien à Israël.
Gaza et l’accusation de génocide
Une grande partie du discours a été consacrée au rejet de l’accusation selon laquelle Israël commettrait un génocide à Gaza. Netanyahu a déclaré qu’Israël n’avait pas commis de génocide et affirmé au contraire qu’Israël en avait empêché un contre sa propre population.
Cette affirmation reste au cœur d’un important différend juridique et politique international. Israël rejette les accusations de génocide et affirme que sa campagne militaire vise le Hamas et d’autres groupes armés, tandis que ses critiques invoquent l’ampleur des morts civiles palestiniennes, des destructions et des déplacements à Gaza.
Netanyahu a également attaqué le maire de New York, Zohran Mamdani, qui l’a à plusieurs reprises accusé de crimes de guerre et de génocide. Mamdani a répondu après le discours en réitérant ses critiques et en évoquant le mandat d’arrêt délivré en 2024 par la Cour pénale internationale contre Netanyahu. Israël rejette les accusations de la CPI et conteste la compétence de la Cour à l’égard de responsables israéliens.
L’échange a été particulièrement remarqué parce que le discours de Netanyahu se tenait à New York et que le maire avait auparavant déclaré vouloir faire arrêter Netanyahu s’il entrait dans la ville, avant de reconnaître ensuite les limites de son pouvoir juridique pour le faire.
Critiques contre des gouvernements européens, le Qatar et la Turquie
Netanyahu a également utilisé la tribune de l’Assemblée générale pour attaquer des gouvernements et responsables politiques qui, selon lui, ont amplifié de fausses affirmations sur Israël.
Il a accusé des dirigeants d’Europe occidentale de céder à la pression anti-israélienne et critiqué le Qatar et la Turquie pour ce qu’il a décrit comme leur rôle dans la diffusion de récits hostiles. Ses propos sont intervenus pendant une période de tensions accrues entre Israël et plusieurs gouvernements occidentaux, notamment sur la politique de colonisation en Cisjordanie et la conduite de la guerre à Gaza.
Reuters a rapporté que le Royaume-Uni, la France et le Canada avaient annoncé plus tôt en septembre des sanctions visant des colonies israéliennes en Cisjordanie. Netanyahu a affirmé qu’une telle pression récompense les ennemis d’Israël plutôt qu’elle ne les contraint.
Netanyahu évoque les violences de colons en Cisjordanie
Le Premier ministre a aussi évoqué les attaques de colons israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie. Il a décrit leurs auteurs comme un groupe relativement restreint de jeunes délinquants et affirmé qu’Israël n’accepterait pas la justice privée.
La question est devenue de plus en plus importante dans les relations entre Israël et des gouvernements étrangers, notamment alors que des sanctions et d’autres mesures diplomatiques ont visé des personnes et des activités liées aux colonies.
La description par Netanyahu de l’ampleur et de la nature des violences constitue sa propre appréciation. Des organisations de défense des droits humains, des responsables palestiniens et certains gouvernements étrangers décrivent le problème comme plus vaste et plus grave, tandis que des responsables israéliens affirment que les actes d’individus violents ne doivent pas servir à caractériser l’ensemble de la population des colons.
Pourquoi ce discours compte
Les interventions de Netanyahu à l’ONU sont souvent conçues à la fois pour un public international et israélien, et ce discours n’a pas fait exception. Il a été retransmis en direct par les principales chaînes de télévision israéliennes, à un moment de débat politique intense en Israël et de pression diplomatique croissante à l’étranger.
Le discours n’a pas annoncé de grande nouvelle initiative diplomatique. Son importance tient plutôt à la manière dont Netanyahu a présenté la position actuelle d’Israël : le pays considère ses conflits avec le Hamas, le Hezbollah et l’Iran comme liés, rejette le langage juridique et politique utilisé par nombre de ses critiques et entend répondre à la pression internationale croissante par une argumentation publique plus offensive plutôt que plus conciliante.
Pour les lecteurs qui cherchent à comprendre le discours, la distinction essentielle est celle entre ce que Netanyahu a affirmé à la tribune et ce qui peut être établi indépendamment. Ses descriptions de la conduite militaire d’Israël, des intentions de l’Iran, des campagnes d’information hostiles et de l’ampleur des violences de colons restent activement contestées. Le discours lui-même, le départ des délégués et les positions qu’il a défendues publiquement sont établis. Les arguments plus larges qui les entourent restent contestés.