Le rapport distingue deux démarches : empêcher un compte de poursuivre ses interventions et examiner ce qu’il a déjà changé. Selon l’ADL, une sanction peut limiter l’activité future sans corriger automatiquement les omissions ou les formulations antérieures. L’organisation demande donc un examen individuel des modifications, plutôt que l’annulation systématique de toutes les contributions d’un compte banni.
Ce que mesure le chiffre de 91 %
L’ADL a étudié les interventions du compte banni Iskandar323 dans six articles de Wikipédia en anglais : Israël, la guerre de Gaza, les attaques du 7 octobre, le Hamas, le sionisme et les Juifs. Les chercheurs ont recensé 485 modifications, dont 398 pouvaient être comparées au texte en ligne en août 2026.
Selon le rapport, 362 de ces modifications évaluables étaient toujours présentes, soit environ 91 %. Les 87 autres ont été écartées parce qu’elles concernaient des déplacements de pages, des versions supprimées ou des changements impossibles à suivre avec suffisamment de fiabilité.
Ce pourcentage mesure la persistance des changements d’un compte dans un échantillon précis. Il ne représente pas la proportion d’informations inexactes dans toute l’encyclopédie. L’ADL souligne elle-même que la persistance ne dit pas si une modification était correcte, ce qui justifie son appel à un examen détaillé.
Déplacer un contenu peut réduire sa visibilité
Un exemple concerne des informations sur l’antisémitisme de l’organisation terroriste Hamas et son recours aux boucliers humains. Selon l’ADL, le compte a transféré le 10 octobre 2023 une part importante de ce contenu depuis l’article principal vers une page distincte consacrée aux critiques du groupe.
Dans cet exemple, le contenu a été déplacé, pas supprimé. L’organisation estime qu’un lecteur arrivant sur l’article principal avait alors moins de chances de le consulter sans ouvrir une autre page. Le rapport porte donc aussi sur la place et la visibilité des informations, au-delà de leur présence quelque part sur le site.
L’ADL demande que l’audit examine les sources retirées et les changements de présentation, puis rétablisse les informations documentées et des formulations équilibrées lorsque des biais sont établis.
Une baisse de la coordination visible
L’organisation a comparé deux périodes de six mois autour de son rapport du 18 mars 2025 sur une trentaine de contributeurs. Elle indique une baisse de 88 % des interventions de membres du groupe sur une même page à moins d’une heure d’intervalle, et de 95 % des messages échangés entre comptes.
Ces chiffres décrivent une activité observable. Ils ne prouvent ni la fin de toute coordination ni une baisse des biais dans les mêmes proportions. Une étude de juillet 2026 a également recensé 19 comptes actifs : huit du groupe précédent et onze nouvellement documentés. Des comptes nouvellement recensés ne sont pas nécessairement des comptes récemment créés.
Une demande adressée à un système de bénévoles
L’ADL propose un audit structuré, davantage de garanties pour les sujets controversés et une meilleure transparence lorsque les moteurs de recherche ou les outils d’IA utilisent Wikipédia. Elle présente ces mesures comme un moyen de traiter les conséquences des interventions passées tout en encadrant les suivantes.
Dans un communiqué du 26 juin 2024, la Fondation Wikimedia avait expliqué que les bénévoles prennent les décisions éditoriales. La fondation soutient la plateforme, mais n’écrit pas les articles et n’en détermine pas le contenu.
Cette explication antérieure concernait la gouvernance de l’encyclopédie. La nouvelle demande de l’ADL vise, dans ce cadre, à faire suivre les sanctions d’un examen motivé des textes que les lecteurs continuent de consulter.