L’UNRWA affirme avoir achevé 41 des 50 réformes recommandées. Le rapport de l’organisation de surveillance, publié le 14 septembre, en retient au maximum 13.
Le désaccord porte sur ce qui constitue un achèvement. Une proposition peut décrire une solution. Un projet pilote peut la tester. Ni l’une ni l’autre ne prouve nécessairement que les garanties promises fonctionnent.
Que s’est-il passé après les formalités ?
Selon UN Watch, l’UNRWA a classé certaines recommandations comme achevées après avoir rédigé des propositions ou élaboré des projets pilotes, alors que leur mise en œuvre restait en attente.
Une recommandation aurait été clôturée après que l’agence eut estimé sa mise en œuvre impossible.
Les donateurs se retrouvent donc face à une question à laquelle le total annoncé ne répond pas : quels changements sont effectivement appliqués ?
La distinction compte, car les garanties de neutralité doivent influer sur les comportements. Leur valeur dépend de ce qui se passe après l’adoption d’une politique, notamment de la détection des manquements et des suites qui leur sont données.
Une liste de contrôle aux absences importantes
Le contrôle du personnel constitue un autre volet de l’évaluation.
UN Watch affirme que les principales vérifications de l’UNRWA en matière de sanctions reposent sur une liste du Conseil de sécurité de l’ONU qui ne comprend ni le Hamas ni le Jihad islamique palestinien. Consulter cette liste ne permet donc pas, à elle seule, de déterminer si un employé appartient à l’une de ces organisations.
La question n’est pas simplement de savoir si une procédure existe. Il faut savoir si elle peut repérer les affiliations au cœur de la controverse.
Les chiffres du personnel demandent une lecture attentive
Le rapport évoque la transmission, en juin, par le bureau de l’inspecteur général de l’USAID, des dossiers de 108 employés actuels ou anciens de l’UNRWA en vue d’une éventuelle suspension ou exclusion des contrats, pour des liens présumés avec le 7 octobre ou la branche militaire du Hamas.
L’UNRWA a ensuite licencié 70 employés à Gaza à la suite d’une évaluation de sécurité. L’agence a maintenu que ces licenciements ne confirmaient pas les accusations portées contre eux.
Il s’agit de mesures différentes. Les chiffres ne doivent pas être additionnés ni considérés comme décrivant le même groupe. La transmission d’un dossier n’est pas une condamnation. Un licenciement ne prouve pas non plus, à lui seul, l’accusation qui le sous-tend.
Pour UN Watch, ces cas soulèvent néanmoins une autre question sur l’efficacité des garanties : que détectaient les contrôles internes avant l’intervention d’organismes extérieurs ?
La réforme éducative doit atteindre les salles de classe
L’organisation conteste également les affirmations de l’UNRWA concernant la réforme éducative. Elle cite des signalements persistants d’antisémitisme et de glorification du terrorisme dans le programme de l’Autorité palestinienne utilisé dans les écoles de l’agence.
Là encore, l’argument porte sur l’écart entre l’activité administrative et les résultats.
Une procédure de révision peut être utile. La formation des enseignants aussi. Mais leur évaluation suppose d’examiner les supports auxquels les enfants sont exposés et de vérifier si les contenus problématiques ont effectivement été traités.
UN Watch estime que les seuls changements de procédure ne règlent pas cette question.
Que demande-t-on aux donateurs de vérifier ?
L’organisation appelle les gouvernements donateurs à exiger des preuves indépendantes avant d’accepter les chiffres d’achèvement de l’UNRWA.
L’attention passerait ainsi du nombre de recommandations clôturées au fonctionnement des garanties qui en découlent : comment le personnel est contrôlé, ce qui est enseigné aux élèves et comment les violations de la neutralité sont traitées.
Le différend entre 41 et 13 dépasse donc une opposition entre deux décomptes. Il concerne ce que les donateurs sont invités à accepter comme preuve.
Une agence peut produire une politique finalisée. Le bon fonctionnement d’une garantie, lui, doit être démontré.